Comment passer de 2 à 4 heures de sommeil par jour avec le sommeil polyphasique
Ecrit par Thibault Vincent le 14 octobre 2009Qu’est-ce que le sommeil polyphasique ?
Le sommeil polyphasique est un rythme de sommeil spécifique qui repose sur le fractionnement de son temps de sommeil pour en réduire la durée. Selon le rythme adopté, on peut se satisfaire de deux à quatre heures de sommeil par jour.
Comment ça fonctionne ?
Le sommeil polyphasique n’est pas synonyme de privation de sommeil mais plutôt d’optimisation de sa façon de dormir.
Ainsi, la nuit d’un dormeur classique monophasique est composée de plusieurs cycles de sommeil, eux-mêmes divisés en phases. Et deux de ces phases, les dernières de chaque cycle, sont particulièrement actives dans le processus de récupération. Il s’agit du sommeil lent profond (SLP) et du sommeil paradoxale (SP).
Le principe d’un rythme polyphasique consiste après une période d’adaptation à passer, à accéder beaucoup plus rapidement à ces phases de récupération que lors d’un cycle habituel grâce au fractionnement de son temps de sommeil en plusieurs siestes réparties sur 24 heures.
Ainsi, selon ce principe et grâce à la discipline personnelle et à la régularité de la pratique, un dormeur polyphasique, une fois la période d’adaptation passée avec succès, ne ressent généralement pas plus de fatigue qu’un autre.
Bien que quantitativement moins important, le sommeil serait de « relativement bonne qualité ». C’est en tout cas ce qui se dégage d’une étude sur le rythme polyphasique des navigateurs en solitaire pendant plusieurs jours.
La pratique…
Il y a principalement deux grands types de rythme polyphasique pratiqués. Le premier comporte une sieste principale plus longue que les autres, ce qui n’est pas le cas du second.
Ainsi un dormeur polyphasique de forme « Uberman » dort à raison de six siestes de 20 minutes par jour toutes les 3 heures 40, soit deux heures de sommeil quotidien.
Ceux qui suivent le rythme « Everyman » effectuent une sieste d’environ 3 heures, correspondant à deux cycles entiers de sommeil, ajoutée à trois siestes de 20 minutes ou deux d’environ 30 minutes. Soit un total d’environ quatre heures de sommeil par jour.
De manière générale et au delà de ses modèles de bases, chaque dormeur polyphasique adapte son rythme et ses horaires et ses conditions de vie. Ainsi, certains « Everyman » ont un rythme basé sur une sieste principale en début de nuit ajoutée à trois siestes de 20 minutes tandis que d’autres ont leur sieste principale en fin de nuit avec deux siestes de 30 minutes dans la journée.
La période d’adaptation, une phase décisive dans le sommeil polyphasique
La période est une étape cruciale de la mise en place d’un rythme polyphasique. C’est un moment de transition pendant lequel le corps va s’habituer à dormir sur des intervalles plus courts et à accéder beaucoup plus rapidement aux phases de récupération, le sommeil lent profond (SLP) et le sommeil paradoxal (SP).
Cette période s’échelonne généralement entre quelques jours à deux semaines selon les individus et le rythme pratiqué. C’est pendant cette étape que l’organisme va s’adapter à ses nouveaux horaires de sommeil et à ce nouveau rythme. C’est pourquoi la régularité, la discipline personnelle et la motivation sont essentielles pour aller au bout de la période d’adaptation.
La sieste efficace, une habitude qui vient avec le sommeil polyphasique…
Le sommeil polyphasique repose sur l’accès plus rapide aux phases de récupération et au sommeil profond répartis sur des courts intervalles. Une sieste efficace est donc la pièce centrale de l’articulation d’un rythme polyphasique.
C’est cette capacité à s’endormir rapidement (généralement moins de trois minutes) pour aller très vite vers les phases de sommeil lent profond (SLP) et paradoxal (SP) que l’organisme va apprendre pendant la période d’adaptation.
Des pratiquants célèbres…
Leonard de Vinci est connu pour être l’un des plus célèbres pratiquants du sommeil polyphasique. Thomas Edison aurait également adopté ce rythme de sommeil. L’inventeur, architecte et écrivain Richard Buckminster Fuller a, quant à lui, inventé et expérimenté le rythme Dymaxion.
Plus proche de nous, certaines personnalités et hommes de pouvoir ont adopté des rythmes similaires, basés sur des siestes régulières, pour optimiser leur temps de sommeil.
Enfin, le sommeil polyphasique est également de plus en plus pratiqué par des personnes, à travers le monde, passionnées de développement personnel ou simplement intéressées par cette autre façon de dormir.
La blogueuse Puredoxyk l’a adopté depuis plus de trois ans. Steve Pavlina, l’une des références du domaine du développement personnel, l’a également expérimenté et largement commenté sur son blog.
Le sommeil polyphasique n’est pas que Uberman…
Même si il est souvent identifié comme tel par beaucoup, le sommeil polyphasique ne se réduit pas uniquement à la forme « Uberman » (six siestes de 20 minutes par jour).
D’une part, parce que étymologiquement, le terme signifie simplement le fait de dormir en plusieurs périodes. Et d’autre part, parce que même dans son sens pratique, d’autres versions sont pratiquées dans le cadre de cette autre façon de dormir.
Et notamment la forme « Everyman », avec une sieste principale, plus adaptée à une vie sociale et professionnelle traditionnelle.
Un rythme adopté par les navigateurs à la voile…
Le sommeil polyphasique est notamment pratiqué par les navigateurs en solitaire lors des courses au large. En effet, à l’occasion de ces grandes traversés, le marin ne peut se permettre de laisser trop longtemps son bateau naviguer sans son contrôle si il veut continuer à combiner vitesse et sécurité.
Ainsi, il est donc amené à dormir sur de courts épisodes répartis sur 24 heures avec un sommeil le plus réparateur possible pour perdre le moins de vigilance et pratique donc un rythme polyphasique.
Et probablement par les hommes préhistoriques…
Il est probable que les hommes préhistoriques pratiquaient le rythme polyphasique ne pouvant rester endormis trop longtemps et d’une traite sans craindre pour leur vie dans un environnement hostile.
Certains avancent alors même l’hypothèse que le rythme polyphasique aurait ainsi être conservé dans notre patrimoine génétique.
Les nourrissons présentent, eux aussi, un sommeil polyphasique réparti sur 24 heures et rythmé par les repas.
Enfin, on retrouve également le rythme polyphasique chez plusieurs espèces animales (gazelle, chat, lapin, etc.). Que ce soient des espèces évoluant en milieu hostile ou bien des espèces dont l’environnement immédiat est plus sécurisé.
