FAQ – Vos Questions
Le sommeil polyphasique est un sujet qui ne laisse pas indifférent. Il suscite de l’intérêt mais aussi des interrogations. Cette Foire aux Questions est là pour y répondre.
Elle présente les affirmations et les questions fréquentes à propos de cette façon de gérer son sommeil qui permet de moins dormir. Je parie que vous aussi vous posez certainement des questions à propos du sommeil polyphasique, alors c’est le moment !
- Peut-on vraiment dormir si peu sans ressentir de grosses fatigues ?
Dans le cadre d’un « sommeil classique », ça parait compliqué. Peu de gens peuvent dormir quatre heures par jour consécutivement sans ressentir de fatigue.
Mais les choses sont différentes avec le sommeil polyphasique. Son principe est basé sur le fractionnement du temps de sommeil en siestes à intervalles réguliers ainsi que sur l’atteinte plus rapide des phases de sommeil lent profond et paradoxal – les deux dernières d’un cycle classique – fortement impliquée dans la récupération.
De part ce double principe, un dormeur polyphasique, une fois la période d’adaptation passée avec succès, n’est en général pas plus fatigué qu’un autre. C’était d’ailleurs l’une des conditions requises quand je me suis lancé : ne pas ressentir de fatigue excessive. Contrat rempli.
- La discipline demandée par le sommeil polyphasique n’est elle pas une contre-partie trop exigeante ?
Le sommeil polyphasique ne doit pas être pris à la légère, comme un remède « miracle » à pratiquer avec désinvolture. Effectivement, la discipline personnelle est l’une des clés du succès d’une bonne pratique.
Devoir se coucher plusieurs fois par jour à heures régulières peut paraitre très rigoureux et diminuer la portée positive du sommeil polyphasique. Tout comme devoir respecter une certaine discipline pour le pratiquer dans de bonnes conditions sur la durée. Ou encore, pendant la période d’adaptation, se lever après un temps, qu’on juge encore à l’époque, si court alors que les draps sont encore chauds.
Je ne vais pas exagérer et dire que c’est tout le temps absolument incroyable. Mais en comparaison à tout ce que ça apporte, mon choix est fait. Finalement, cela a tout simplement fini par rentrer dans mes habitudes et la question ne se pose plus. Et nombre de dormeurs polyphasiques dignes de ce nom vous le confirmeront, il existe une certaine satisfaction dans le fait d’arriver à suivre, au quotidien, une discipline personnelle. Et ça aussi, c’est vraiment enrichissant.
- C’est intéressant, mais le fractionnement du sommeil en siestes semble incompatible avec un quotidien standard…
C’est une question qui peut se poser effectivement pour beaucoup de personnes. La mise en place pratique du sommeil polyphasique dans son quotidien. Mais son intérêt, c’est aussi la possibilité d’ajuster sa façon de dormir sur son rythme de vie.
Il est vrai que la forme Uberman – 6 sieste de 20 minutes par jour – peut être assez mal adapté à un quotidien et un environnement social et professionnel traditionnel et rigide. Mais la forme Everyman – une sieste principale entre 3h et 3h30 et 2×30 ou 3×20 minutes dans la journée – pourra se moduler plus facilement sur un style de vie habituel. Avec, par exemple, la sieste principale en fin de nuit, la première sieste intermédiaire ajustée autour du temps de midi selon les possibilités, et la dernière en début de soirée avec une forte probabilité de pouvoir la faire chez soi. Ou, au contraire, la sieste principale en tout début de nuit, la première sieste intermédiaire à l’aube, et la suivante en début d’après-midi.
Chaque cas est particulier. Mais organisation, flexibilité et motivation sont les maitres mots.
- Ses capacités physiques et intellectuelles peuvent-elles en souffrir ?
C’est une interrogation très importante. C’était bien sûr, personnellement, l’une des conditions sine qua none à la poursuite de ma pratique depuis que je me suis lancé dans cette aventure !
Excepté la période d’adaptation où l’on est moins performant que d’habitude, je n’ai pas, depuis, fait l’expérience de symptômes allant dans ce sens. C’est aussi ce que rapportent les dormeurs polyphasiques à travers le monde ayant réussi à bien s’adapter.
- Et quand on arrive pas à faire la sieste, comment pratiquer le sommeil polyphasique ?
Il faut bien faire la différence entre la pratique de la sieste dans un sommeil classique et sieste dans le cadre du sommeil polyphasique. Déjà, parce que la sieste n’est souvent pas réalisée en condition optimale quand essaye de de la pratiquer épisodiquement dans le cadre d’un sommeil classique.
Avec le sommeil polyphasique, les siestes étant partie intégrante du principe, le corps s’y habitue. C’est d’ailleurs tout l’objet de la période d’adaptation. Personnellement, j’avais du mal à faire des siestes efficaces et réparatrices, car sans doute aussi mal pratiquées. Ce n’est plus le cas avec un rythme polyphasique.
- La période d’adaptation : est-ce vraiment difficile ? Combien de temps dure-t-elle ?
La période d’adaptation est l’un des moments cruciaux du sommeil polyphasique, celui où l’organisme va progressivement appréhender le fractionnement de son temps de sommeil et à passer plus facilement, pendant les siestes, aux phases de sommeil lent profond et paradoxal, qui sont les phases de récupération. Sa difficulté dépend notamment un peu de chacun, des conditions dans lesquelles elle est pratiquée, et de la forme (Uberman ou Everyman) pratiquée.
De mon côté, ma période d’adaptation à la forme Everyman s’est plutôt bien déroulée dans l’ensemble. Les fatigues étaient bien présentes pendant les premiers jours, et certains réveils étaient difficiles, mais les choses sont allés en s’améliorant dès la fin de la première semaine. Après deux à trois semaines, j’avais retrouvé un état comparable à celui que j’avais habituellement, voir même avec un niveau d’énergie supplémentaire certains jours. Néanmoins, du fait du statut relativement « plus léger » de la transition, la phase d’adaptation complète de la version Everyman est souvent plus longue. Si les premiers jours sont les plus difficiles, la transition, même si elle est moins ressentie, continue et il est donc important de conserver une vraie régularité et disciplines pendant plusieurs semaines. Il est conseillé de prévoir au moins un grand week-end où l’on peut se permettre des activités réduites.
La période d’adaptation pour la forme Uberman est souvent plus intense et les premiers jours peuvent être particulièrement difficiles. La régularité et la motivation sont deux facteurs importants. Il est conseillé de prévoir une semaine de vacances pour une mise en place dans de bonnes conditions.
Et les autres phases du sommeil ?
Le sommeil polyphasique permet donc, une fois la période d’adaptation franchie, de passer plus vite aux phases de sommeil lent profond et paradoxal, les phases de récupération du sommeil. Les autres phases d’un cycle sont moins présentes.
Néanmoins, il faut distinguer la version Uberman de la version Everyman. Car la première ne fonctionne que par sieste courte et donc directement selon le principe ci-dessus tandis que la seconde contient néanmoins, tous les jours, une sieste principale comprenant généralement deux cycles entiers.
Personnellement, j’ai fait le choix de dormir une nuit complète, une fois toutes les deux à quatre semaines, mais en gardant une régularité des horaires et des cycles.
- Combien de temps peut-on pratiquer le sommeil polyphasique ?
Il n’y a pas d’étude à long terme concernant le sommeil polyphasique. Mais peu de sources récentes et fiables indiquent la poursuite d’un rythme Uberman après deux années consécutives. Par choix ou par nécessité (notamment sociale, physiologique, etc.) ? Les raisons divergent selon les individus. Tout comme la suite de leur nuit : une autre forme de sommeil polyphasique ou nuit classique. Mais même dans le cadre d’un retour à une sommeil classique, nombreux sont ceux qui font part d’une meilleure qualité de sieste après leur expérience et d’une meilleure connaissance de leurs corps et de leur sommeil.
Par contre, c’est différent pour le rythme Everyman. De part sa nature, il est plus facile à combiner avec une vie sociale classique. La blogueuse Puredoxyk le pratique, par exemple, depuis plus de trois ans. Il y a aussi des personnes rapportant une expérience proche d’un rythme polyphasique comparable à la version Everyman depuis plusieurs années.
Néanmoins, il convient de prendre en compte le fait que le sommeil polyphasique ne constituera pas forcement une fin pour tout ceux qui le pratiquent actuellement. Que certains seront parfois amener, par choix ou nécessité, notamment sociale, à revenir à un sommeil classique tandis que d’autres iront vers des formes de sommeil polyphasique qui se rapprochaient davantage du rythme biphasique avec une nuit plus courte et une à deux siestes dans la journée.
- Le sommeil polyphasique peut-il être pratiqué par tous ?
Le sommeil polyphasique est déconseillée aux enfants, aux adolescents, aux femmes enceintes et aux personnes souffrantes.
De manière générale, sa pratique doit être réservée aux adultes majeurs et conscients de leur engagement. Cette façon de gérer son sommeil pour moins, et pour certains mieux, dormir nécessite d’être en bonne santé et en pleine possession de ses moyens.
- Cette aventure peut-elle avoir comme conséquence de se renfermer sur soi-même ?
C’est une question que certaines personnes se posent et elle peut être légitime. Mais, c’est généralement une peur sans fondement. Le sommeil polyphasique n’a pas vocation à modifier ses relations sociales ou à se marginaliser.
La peur d’être perçu comme quelqu’un de différent, et potentiellement mal vu par certains peut être compréhensible. Oui, certains ont parfois fait les frais de quelques remarques désobligeantes dû souvent à un trop fort enthousiasme mal géré. Mais les choses sont rentrées dans l’ordre par la suite.
Si on reste humble dans sa démarche et que l’on voit cette façon de dormir comme quelque chose de désormais normal pour soi, la question ne se posera pas. Personnellement, à part pouvoir profiter de certaines soirées plus longtemps, le sommeil polyphasique n’a rien changé dans mon environnement social…
