Avantages et inconvénients du sommeil polyphasique
Ecrit par Thibault Vincent le 18 octobre 2009Réorganiser son quotidien et son sommeil de façon polyphasique ? Oui, mais pourquoi ? Le gain de temps ? Oui… mais pas seulement. Je tire d’autres intérêts à cette aventure. A titre d’information, parmi tous ceux qui se sont également lancés à travers le monde, nombreux sont les personnes qui décrivent des répercussions similaires. Tour d’horizon des aspects positifs et négatifs…
Avantages
Plus de temps chaque jour !
C’est le premier et l’un des bénéfices les plus visibles. Se mettre au sommeil polyphasique, c’est, en général, près 4 heures de vie en plus par jour !
Le temps de sommeil passe d’un tiers de sa journée à un sixième de son quotidien. Du temps « libre », puisqu’il n’est pas concerné par le reste des activités de sa journée. Ca fait donc environ 4 heures de plus par jour, soit 28 heures par semaine et une centaine d’heures par mois.
Une façon de dormir modulable à son mode de vie
Grâce au gain de temps et au fractionnement de son sommeil en siestes réparties dans la journée, le sommeil polyphasique permet d’aménager sa façon de dormir selon son mode de vie.
Surtout dans sa forme avec une sieste principale. Que l’on souhaite plutôt profiter du matin qui se lève ou avoir toute la nuit pour soi, on peut adapter sa pratique du sommeil polyphasique à ses horaires et ses objectifs.
Moins de trois minutes pour s’endormir
Lassé de passer 20 minutes tous les soirs à ne pas trouver le sommeil ? Une fois la période d’adaptation passée, tous les dormeurs polyphasiques témoignent de la capacité à s’endormir très rapidement. Entre une et trois minutes selon les siestes. Un temps beaucoup plus court que pour de nombreux dormeurs « classiques » !
Une ouverture d’esprit renforcée
Le début de la pratique du sommeil polyphasique est souvent surtout initiée par une envie de dormir moins, et/ou d’essayer une alternative potentielle pour tenter de mieux dormir, ou simplement une envie d’explorer de nouveaux domaines.
Par contre, sa poursuite amène généralement à s’intéresser ensuite de près à certains autres domaines et expériences dans le but d’améliorer son bien-être. Des ressources que l’on n’aurait pas forcement découvert ou considéré sans cela.
Un moyen d’élargir sa réalité !
Pratiquer le sommeil polyphasique, être le premier témoin de la réduction effective de son temps de sommeil permet de remettre en perspective un certain nombre de croyances gravées dans le marbre et que l’on imaginait pas pouvoir changer.
C’est le cas de la manière de dormir. Au delà du fait de briser une croyance massivement acquise depuis longtemps, la pratique du sommeil polyphasique permet d’élargir sa réalité. En découvrant que l’on peut dormir autrement, de nouveaux horizons voient le jour !
Une nouvelle perception du temps et de son corps
Ne dormir que 4 heures par jour avec plusieurs siestes dans la journée, forcément, ça change des perspectives !
La perception du temps en général et de l’entité « journée » s’en voit modifiée, surtout au début. Bien que par la suite, pour ma part, les choses soient redevenues plus classique avec ma sieste principale perçue comme une « vraie » nuit classique, faisant une séparation claire entre deux journées.
Mais c’est aussi l’impression de vivre plus intensément et de voir le temps s’écouler différemment. C’est une expérience très enrichissante. De la même façon, le sommeil polyphasique amène souvent à un rapprochement avec son corps et ses sensations. On s’en sent plus proche, plus à l’écoute. Les sensations s’intensifient !
La joie de « redécouvrir la nuit »
« La nuit nous appartient » titrait James Gray pour son film avec Joaquin Phoenix et Mark Wahlberg. C’est, humblement, ce que l’on peut se dire quand on pratique le sommeil polyphasique.
Parmi les choses auxquelles il faut s’habituer, figure le fait de devoir appréhender le temps d’une nouvelle manière et particulièrement la nuit. Jusqu’à présent, la nuit était surtout le moment réservé aux huit à neuf heures de sommeil traditionnel. Avec le sommeil polyphasique, les choses changent, et la nuit devient un nouveau moment à goûter avec plaisir… et à redécouvrir.
La nuit, les perceptions changent complètement, la majorité des gens dorment, l’intensité de la journée diminue, une impression de quiétude nous envahit dans cette atmosphère complètement différente, beaucoup plus calme et sereine. On « goûte » chacun de ses instants. C’est quelque chose que j’apprécie beaucoup.
Inconvénients
Pour moi, et pour les personnes à travers le monde qui expérimentent avec succès le rythme polyphasique, ce dernier présente des avantages indéniables. Néanmoins, il ne faut non plus faire l’impasse sur d’autres aspects du sommeil polyphasique.
Pas d’étude à long terme sur le sujet
Malheureusement, de part le caractère émergent et encore peu répandue de cette pratique, il n’y a, actuellement, jamais eu d’étude à long terme réalisé sur le sommeil polyphasique. Ils existent certaines recherches sur le rythme polyphasique pratiqué par les navigateurs lors des courses au large, ainsi les travaux du Dr Claudio Stampi sur le fractionnement du sommeil. Mais, même si elles prouvent souvent la possibilité d’une adaptation de l’homme à ce rythme, elles ne dépassent généralement pas trois mois.
On peut aussi regretter qu’aucune étude n’ait encore été menée sur la forme Everyman (comprenant une sieste principale de 2 cycles entiers) du sommeil polyphasique, ou même dans des conditions de vie plus « normales » que celles des navigateurs soumis à rude épreuve pendant les courses.
Néanmoins, il convient de prendre en compte le fait que le sommeil polyphasique ne constituera pas forcement une fin pour tout ceux qui le pratiquent actuellement. Que certains seront parfois amener, par choix ou nécessité, notamment sociale, à revenir à un sommeil classique tandis que d’autres iront vers des formes de sommeil polyphasique qui se rapprochaient davantage du rythme biphasique avec une nuit plus courte et une à deux siestes dans la journée.
Un quotidien qu’il faut parfois adapter
En fonction des personnes, cet aspect sera soit l’une des meilleures choses qu’il leur soit arrivé récemment, soit une potentielle barrière à la mise en place du sommeil polyphasique.
De deux choses l’une. Ou ce sera une occasion unique de reconsidérer son rythme de vie et ses habitudes avec un nouveau recul. De se mettre dans la dynamique du changement pour transformer son quotidien vers un style de vie répondant davantage à ses attentes et ses envies.
Ou les habitudes de vie, bonnes ou mauvaises, seront trop difficiles à faire bouger et à remettre en cause, et la mise en place du sommeil polyphasique se révèlera beaucoup plus compliqué.
La sieste est encore mal vue dans notre société
A la différence de la Chine ou du Japon où la sieste fait complètement partie de l’art de vivre, notre société est beaucoup plus réticente à cette idée l’associant à de l’inaction, de la perte de temps ou de la paresse. Alors que ses bienfaits ont pourtant été reconnus dans le cadre du sommeil classique et que nombreuses sont les grandes personnalités, historiques ou actuelles, à y recourir.
Le rythme polyphasique reposant sur le fractionnement de son temps de sommeil en sieste est donc directement concerné par ce phénomène. En plus d’une méconnaissance générale de la population associant sommeil polyphasique à privation de sommeil et fatigues chroniques, l’idée de devoir pratiquer la sieste régulièrement, et de ne pas pouvoir prendre trop de liberté par rapport à sa fréquence, peut être mal vue ou mal comprise.
Néanmoins, en restant humble sur cette « aventure » et en assumant son nouveau rythme de vie, on parvient souvent à faire accepter les choses.
La période d’adaptation
La période d’adaptation est l’une des pierres angulaires du sommeil polyphasique, et surtout de sa mise en place. C’est le temps pendant lequel l’organisme s’habitue à la pratique de siestes régulières et à passer plus facilement aux phases de sommeil lent profond et paradoxal, qui sont les phases de récupération.
Ce n’est pas une phase facile. Sa difficulté dépendra généralement un peu de chacun, de la régularité et la discipline observé ainsi que de la forme de sommeil polyphasique pratiquée. La motivation et la discipline personnelle sont nécessaires. Prévoyez au moins un week-end si vous essayez de vous lancer dans la version Everyman et une semaine de libre pour la version Uberman.
Une régularité à respecter
La régularité est un aspect essentiel à la réussite et à la poursuite du sommeil polyphasique, et notamment lors de la période d’adaptation. Les siestes ont des horaires de début et de fin à respecter pour habituer son organisme à ce nouveau rythme et ne pas subir de contre-coup. Dans le cas inverse, oui, la fatigue se fera généralement sentir, surtout en cas d’irrégularités récurrentes.
Une fois son organisme bien habitué, il est possible, selon les individus, de parfois davantage moduler ses horaires de sieste mais il convient de procéder avec pragmatisme et intelligence.
Il est donc important d’organiser son quotidien selon ses possibilités pour pouvoir respecter au maximum les horaires de ses siestes. C’est un aspect qui peut être vu assez négativement, surtout si on est parfois amené à devoir interrompre une activité prenante pour une sieste de 20 ou 30 minutes de façon à honorer les horaires prévus. Mais avec le temps, cela devient finalement une habitude à laquelle on ne pense plus, et on apprend aussi souvent à « gérer » son temps et ses activités en amont des siestes. Il faut également savoir fait la part des choses avec les avantages amenés grâce au sommeil polyphasique et savoir ce que l’on veut.
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